A propos d’une affaire de viol collectif mal élucidée

Cette affaire aura été marquée par une fin d’audience conflictuelle.

En effet, l’accusation n’avait visiblement pas apprécié que la défense pose beaucoup de questions à la victime. Pourtant, ce faisant, elle n’avait fait que combler les lacunes d’une instruction qui n’avait pu procéder à aucune confrontation, ni même audition de la partie civile - au-delà de la plainte initiale. Mais l’avocat général n’avait rien trouvé de mieux que de comparer la succession des 5 avocats posant des questions, à celle des quelques 19 hommes dont la victime indiquait qu’ils avaient abusée d’elle.

Goûtant assez peu d’avoir été ainsi assimilé à une tournante cauchemardesque, je lui avais conseillé d’aller officier en Corée du nord, ce qui provoqua un léger incident.

Mais au-delà de cette anecdote oratoire, ce qui se jouait de façon beaucoup plus grave était la difficulté de retrouver les participants de cette scène. Seulement 5 accusés avaient été identifiés par leur ADN sur les 19 décrits par la victime.

La crainte existait qu’ils subissent un prix de gros pour les autres, crainte plutôt confirmée par les réquisitions, réclamant 12 ans à la Cour.

D’autant plus que certains soutenaient leur innocence. L’accusation leur avait alors renvoyé cette phrase selon laquelle l’ADN est la signature du crime. A quoi nous avions répondu que ce n’était que la signature de la présence à un moment dans ce lieu, ce qui n’était pas du tout la même chose, même si mon client, pour sa part, était l’un des rares à ne pas contester son implication, mais simplement le degré de contrainte alléguée par l’accusation.

A cet égard, il aurait pu prendre davantage que les autres, mais cela n’a pas été le cas, et le résultat – tout est relatif – n’était pas si catastrophique pour lui. Je l’encourageai en tout cas à ne pas interjeter appel, pour ne pas risquer de prendre un ou deux ans de plus.

Si les peines prononcées n’ont donc pas été aussi haut que les réquisitions, l’explosion de colère qui a saisi le public hier, à leur énoncé révélait sans doute que la justice n’avait pas très exactement tapé dans le mille. La cité des Tilleuls, qui devait bien savoir ce qui s’était exactement passé, avait fait irruption dans la salle. La presse a relaté, de façon tout à fait exacte, une véritable « mêlée générale » (Le Parisien, 16 mai 2013).


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